Le saviez-vous ?

BERBER TATTOOING

 

Loretta Leu signe un très joli livre en forme de carnet de voyage, où elle relate vingt-neuf ans après, son périple avec son mari Félix (les légendes du tatouage !) dans les montagnes du moyen Atlas marocain.

A la rencontre des berbères tatoués, principalement des femmes, déjà vieilles, qui leur livrent leurs secrets dans l’intimité de leurs maisons de terre; nous assistons aux hésitations de la mémoire sur le sens des signes, au renoncement aux coutumes anciennes sous la pression de l’Islam.

Un voyage dans le temps et dans des paysages sauvages parmi des peuples qui changent. Quelque chose disparaît. Quelque chose a déjà disparu.

Avec de très belles illustrations de Aia Leu, édition limitée à 500 exemplaires.

Félix & Loretta Leu, BERBER TATTOOING, IN MORROCCO’S MIDDLE ATLAS, Sedpress, 2017

 

 

Le saviez-vous ?

SKIN DEEP, LOOKING BEYOND THE TATTOOS

 

Le livre de Steven Burton est un choc visuel. Et plus encore. Photographe, il a collectionné les portraits de vingt-sept anciens détenus latinos ayant appartenu à des gangs. De leurs corps et visages, il a ensuite effacé numériquement les armures de tatouages, héritées de parcours ultra-violents dans l’enfer des rues et des prisons. Puis il a soumis les deux photos (avec et sans) aux intéressés, et recueilli leurs réactions, à chaud.

C’est alors un regard sur une vie, sur sa propre vie, telle qu’elle fut, et telle qu’elle aurait pu être, comme à travers un miroir trouble, déformant. Un autre soi surgit, incrédible, et pourtant vrai, habitant d’une réalité parallèle.
Les anciens tueurs, voyous, voleurs vacillent, déstabilisés, touchés. C’est aussi une réflexion sur la perception des autres, de la famille, de la mère, des enfants.

Et nous aussi, à notre tour, sommes amenés à réfléchir sur notre jugement sur les apparences, sur les différences. Un seul regret, le manque d’explications des codes et des significations de ces signes et marquages dont les corps sont couverts.

Il reste un livre étonnant, qui devait exister.

Les dédicaces des dernières pages, adressées à des modèles du livres, tués par la police quelques temps après leur interview, nous ramènent à la réalité et montrent que changer de peau n’est pas toujours changer de vie.

Steven Burton, SKIN DEEP, LOOKING BEYOND THE TATTOOS, PowerHouse Books Brooklyn, NY, 2017

Portrait

ETHNIC SNAKE  & RED SEA

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Dans certaines tribus, un tatouage, pour être revêtu de sa charge magique, devait être exécuté selon un rituel sacré : dans un silence complet, après une prière ancestrale, à un certain moment du calendrier ou des cycles naturels…

En ce qui me concerne, mon rituel serait plutôt de le soumettre à la morsure de l’eau salée, à quelques bars de pression, et si possible à un soleil tropical : un tatouage de la tribu des plongeurs, quoi.

Le saviez-vous ?

BRUSSELS TATTOO CONVENTION 2017

Un petit goût de voyage et d’exotisme, au détour d’une allée; même s’il en aurait fallu un peu plus. C’est toujours fascinant de voir des techniques traditionnelles anciennes encore en cours aujourd’hui. Et pourtant, vu la faible représentation de ce genre d’art, on a un peu l’impression de voir des cultures disparaître sous nos yeux ( Ici un artiste indonésien, basé à Berlin).

Tatouage en cours ( Projet à prendre)

COLLIER FLORAL

IMG_6740_modifié-1_modifié-1TATTOO COLLIER FLORAL 2Aujourd’hui, j’ai eu envie de lignes végétales, fragiles, sans poids, à peine posées sur la peau; prêtes à frémir au moindre soulèvement d’une respiration légère.

Le saviez-vous ?

« ELLE A MAL ? ELLE A MAL ? »

 

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Emilie sous l’aiguille.

 

On est plusieurs à se taquiner, à coup de sms, quand l’un de nous passe sur la table du tatoueur :  » Elle a mal ? Elle a mal ? »

La douleur est un drôle de phénomène, où se mêlent physique et mental. Aujourd’hui, c’est Emilie qui en fait l’expérience. Elle n’en est pas à son premier tatouage, mais elle avoue cette fois la ressentir un peu plus.

Plus de fatigue ? La danse macabre Mochica qui se déroule sur son épaule met trois heures à prendre place, tout de même. Et il est un fait que certains endroits sont plus sensibles que d’autres.

Il reste que nous ne sommes pas égaux devant la douleur, et que pour une même personne, un jour n’est pas l’autre. Ce qu’il est intéressant de constater, c’est que chacun trouve sa propre manière de la gérer. Certains arrivent à l’éloigner d’eux en quelque sorte, à la ressentir sans y succomber, d’autres ont besoin de se concentrer sur quelque chose, une musique ou une pensée, ou encore d’entrer dans une sorte d’engourdissement.

Soyons clairs, le dermographe a réduit la douleur à quelque chose de supportable, on n’en est plus à l’épreuve de courage de certaines tribus.

Et chacun -à de rares exceptions près- l’accepte finalement comme faisant partie du processus, et reconnait le plus souvent la valeur qu’elle ajoute à l’acte même du tatouage.

C’est la différence entre douleur et souffrance.